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1 novembre 2005 - Etat de la population mondiale 2005 Droits économiques Les approches macroéconomiques traditionnelles et les programmes de développement ont ignoré dans une large mesure les contributions économiques des femmes. Ne se limitant pas à gérer leurs foyers, de nombreuses femmes peinent dans les ateliers aux rythmes infernaux, les exploitations agricoles, les usines, les marchés, les mines et les bureaux, le plus souvent en l'absence de politiques, lois, institutions et services qui leur viendraient en aide. Leur travail est en grande partie non reconnu, invisible et non rétribué. Alors même que les femmes entrent dans la population active en nombre croissant, elles risquent le renvoi en cas de grossesse et ont généralement un revenu et une sécurité d'emploi moindres que les hommes. Selon la Banque mondiale, les femmes gagnent dans les pays développés 77 cents contre un dollar pour les hommes, et dans les pays en développement, seulement 73 cents. Dans les pays en développement, les femmes rurales produisent de 60 à 80 % des vivres, mais de nombreux pays interdisent encore à une femme d'acquérir de la terre ou d'en disposer sans le consentement de son mari. Dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne, les veuves n'ont pratiquement aucun droit à la terre ou à l'héritage, et les femmes reçoivent moins de 10 % de tous les prêts destinés aux petits exploitants et 1 % seulement du montant total des crédits accordés au secteur agricole. Une recherche conduite par la Banque mondiale dans certains pays d'Afrique subsaharienne a établi que la production pourrait augmenter de non moins de 20 % si davantage de femmes avaient un accès égal aux services agricoles et à la terre, de même qu'un contrôle égal sur le revenu des exploitations. En remédiant au caractère injuste des perspectives économiques ouvertes aux femmes, on peut arracher à la pauvreté familles et communautés. La promesse des droits humains L'une des principales réalisations du XXe siècle a consisté à élaborer un riche corpus de droit international qui affirme l'égalité des droits de tous les êtres humains. Cependant, une tâche considérable reste à accomplir : il s'agit pour les femmes et les autres groupes négligés, en particulier ceux dont l'existence est circonscrite par la pauvreté et la discrimination, de prendre conscience de leurs droits humains et de les exercer. L'élimination de l'extrême pauvreté, que réclament les OMD, repose sur la pleine jouissance des droits individuels grâce à l'élargissement des perspectives, des choix et du pouvoir d'action. La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW, 1979) et la Convention relative aux droits de l'enfant (CRC, 1989) énoncent les critères en vertu desquels les gouvernements sont légalement tenus de mettre fin à la discrimination sexuelle. À cette date, 180 pays ont ratifié la CEDAW. Les conférences organisées par les Nations Unies dans les années 90 ont consolidé le cadre des droits de la femme. En 1993, la Conférence mondiale de Vienne sur les droits de l'homme a déclaré pour la première fois que les droits de la femme étaient des droits humains. Les programmes qui sont issus de la CIPD (1994) et de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes (1995) fournissent des plans d'action concrète concernant les droits humains des femmes et constituent la base des réformes politiques et législatives entreprises dans chaque pays. Pour mettre ces instruments en pratique, il faut changer les systèmes de valeurs sous-jacents qui perpétuent et légitiment la discrimination. Bien que de nombreux pays adoptent de plus en plus de lois qui protègent les droits des filles et des femmes, beaucoup ne sont pas appliquées sous l'effet d'un préjugé sexuel enraciné, ainsi que de ressources et d'une détermination insuffisantes. En de nombreux pays, les femmes n'ont très souvent pas connaissance de leurs droits ni des lois qui en principe les protègent. Les approches sensibles aux valeurs culturelles peuvent s'avérer efficaces aux fins de promouvoir les droits humains et l'égalité entre les sexes dans divers contextes nationaux et locaux. L'expérience a montré que les communautés qui comprennent les dangers posés par certaines pratiques – par exemple, le mariage des enfants, la mutilation/coupure génitale féminine, la “purification” des veuves – et qui les remettent en question dans leurs propres optiques culturelles sont capables de se mobiliser pour les changer ou les éliminer. Les droits en matière de procréation sont des droits humains et découlent de la reconnaissance du fait que tous les individus ont le droit de prendre des décisions à l'abri de la discrimination, de la coercition et de la violence. Au premier rang de ceux-ci figurent le droit de déterminer de manière libre et responsable le nombre de ses enfants, le moment et l'espacement de leur naissance, et d'avoir les moyens de le faire, et le droit à la norme la plus élevée de santé en matière de sexualité et de procréation. Cela implique aussi le droit de se protéger des grossesses non recherchées et des infections sexuellement transmissibles – dont le VIH. Sources
: UNFPA |
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