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1 novembre 2005 - Etat de la population mondiale 2005 La violence sexiste: un prix trop élevé La violence sexiste ne connaît pas de frontières – qu'elles soient économiques, sociales ou géographiques. Elle est omniprésente, pernicieuse et perpétrée dans l'immense majorité des cas par des hommes contre des femmes et des filles. Elle reflète et en même temps renforce l'inégalité entre les sexes et compromet la dignité, l'autonomie et la santé des femmes à un degré réellement inimaginable. Au niveau mondial, une femme sur trois a été battue, contrainte à avoir des relations sexuelles contre son gré ou victime de sévices – souvent du fait d'un membre de la famille ou d'une personne de connaissance. La violence sexiste tue ou cause un grave préjudice à autant de femmes et de filles entre 15 et 44 ans que le cancer. Le tribut qu'elle prélève sur la santé des femmes dépasse celui des accidents de la circulation et du paludisme combinés. Les coûts sont élevés dans une proportion comparable pour les pays – dépenses accrues de soins de santé, frais de justice, surveillance policière et pertes pour l'éducation et la productivité. Aux États-Unis, le chiffre global de ces dépenses s'élève à environ 12,6 milliards de dollars par an. La violence sexiste prend de nombreuses formes – tant psychologiques que physiques – et recouvre la violence familiale, le viol, la mutilation/coupure génitale féminine, les crimes “d'honneur” et liés à la dot. La violence peut commencer même dans l'utérus avec la sélection sexuelle prénatale et, plus tard, l'infanticide, l'abandon et les sévices dont sont victimes les enfants de sexe féminin. En Asie seulement, 60 millions de filles au moins sont “manquantes” pour cette raison. Chaque année, 800 000 personnes environ font l'objet d'un trafic transfrontalier aux fins d'exploitation, la majorité étant absorbée par l'industrie du sexe. Environ 80 % sont des femmes et des filles. Un bien plus grand nombre encore sont recrutées par la force ou la ruse, ou enlevées, pour connaître le même sort dans leur propre pays. Les campagnes nationales contre la violence sexiste sont l'une des solutions à “gain rapide” recommandées par le Projet objectifs du Millénaire. Dans certains pays, des efforts sont déjà en cours. Parce que la violence sexiste est si généralement tolérée, on ne peut en fin de compte en venir à bout sans transformation sociale : il faut faire respecter les lois et renforcer le système judiciaire en vue de mettre fin à l'impunité, donner une éducation sensible à l'égalité des sexes et mobiliser les communautés et les guides de l'opinion pour prévenir la violence. Il est inutile d'ajouter que les hommes doivent être persuadés de prendre fermement position sur le problème. Les femmes et les jeunes dans les crises humanitaires Depuis le Sommet du Millénaire de 2000, des conflits ont éclaté dans plus de 40 pays. Près de 2 milliards de personnes ont été touchées par les catastrophes naturelles durant la dernière décennie du XXe siècle, dont 86% par des inondations et des sécheresses. À la fin de 2004, une seule catastrophe – le tsunami en Asie du Sud-Est – a balayé des villages entiers, anéanti environ 280 000 vies et déplacé un million de personnes. Au lendemain des guerres et des catastrophes naturelles, les infrastructures sanitaires et éducatives s'effondrent, le risque d'infection par le VIH augmente et l'incidence de la violence sexiste fait un bond immense. Sur les 34 pays qui sont les plus éloignés d'atteindre les OMD, 22 sont la proie d'un conflit ou en sortent. La nature et l'ampleur des guerres ont changé du fait que davantage de conflits se déroulent à l'intérieur d'un pays plutôt qu'entre des pays. Durant les années 90, la majorité des 118 conflits armés étaient des guerres civiles. Celles-ci durent généralement plus longtemps que les conflits entre pays et prélèvent un tribut immense sur la population civile. Les violences prennent de nombreuses formes : viols, mutilations, massacres et recrutement forcé d'enfants pour servir de combattants, d'esclaves sexuels et d'“épouses de brousse”. De nombreux civils sont contraints de fuir leur domicile et la violence sexuelle est répandue. Femmes et enfants représentent 80 % des 35 millions de réfugiés et de personnes déplacées dans leur propre pays au niveau mondial. À la suite d'un conflit, la période de reconstruction offre l'occasion de rebâtir les sociétés à neuf et de s'attaquer aux inégalités anciennes. De fait, un certain nombre de pays issus d'un conflit promeuvent activement les droits des femmes et des jeunes afin d'empêcher que ne prennent forme les conditions mêmes qui pourraient conduire à une marginalisation et un appauvrissement accrus après la fin du conflit. Le Rwanda est maintenant le pays qui a la plus forte proportion de femmes parlementaires dans le monde, avec 49 % des sièges. Sources
: UNFPA |
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