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10 août
2004 - Femmes
dans le monde, no 2. " Quel que soit le nom qu'on leur donne, ces crimes sont commis dans le monde entier. Ils ont lieu chaque fois qu'un homme considère qu'une femme est sa propriété et cherche à prouver cette hypothèse erronée par l'emploi abusif et cruel de la force " Le meurtre pour l'honneur est une pratique ancienne qui veut que pour sauvegarder l'honneur de la famille, un homme tue toute parente soupçonnée d'avoir eu une activité sexuelle en dehors du mariage, fût-elle forcée ou simplement supposée, même si la femme a été victime d'un viol. -
En 1997, quelques 300 femmes ont été assassinées
au nom de " l'honneur " dans une seule province pakistanaise. Dans le monde entier, on évalue à 5000 le nombre de femmes et de jeunes filles victimes de crimes " d'honneur " par année. Sources : Le vécu quotidien des femmes dans le monde
" Le viol est un crime du patriarcat contre les femmes " C'est le plus souvent dans leur propre foyer et par des hommes de leur entourage que les femmes encourent les risques de viol. Le viol conjugal n'est reconnu comme délit que dans 17 États de la planète. On estime l'occurrence du viol, cinquante fois supérieure au nombre de plaintes enregistrées. L'évaluation de la proportion des viols donnant lieu à dénonciation varie selon les pays - de moins de 3 % en Afrique du Sud à 16 % environ aux États-Unis; Il n'existe pas de statistiques fiables à l'échelle mondiale sur le viol, elles offrent une estimation faussée à la baisse de cette réalité sociale. L'UNICEF évalue qu'une femme sur 10 dans le monde est victime d'un viol une fois dans sa vie. Selon la plupart des études publiées sur le sujet, les femmes violées le sont le plus souvent par un homme qu'elles connaissent. Aux États-Unis, selon les statistiques nationales, une femme est violée toutes les 6 minutes. Sources
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L'excision consiste en l'ablation du clitoris et des petites lèvres de la vulve. Elle est pratiquée dans une quarantaine de pays, pour la plupart des pays d'Afrique de l'Est et de l'Ouest, de la péninsule arabique et d'Asie, et de plus en plus souvent dans les communautés d'immigrants, en Australie, au Canada, aux États-Unis et en Europe. L'infibulation constitue une mutilation supplémentaire en ajoutant à l'excision la section des grandes lèvres dont les deux moignons sont suturés bord à bord. Un minuscule orifice est laissé pour l'écoulement des règles et des urines. Lors du mariage, la femme " infibulée " est incisée avec un instrument tranchant pour que les rapports sexuels soient possibles. L'ouverture effectuée n'est toutefois pas suffisante, loin s'en faut, pour un futur accouchement. L'incision sera donc majorée à la naissance d'un enfant aussitôt après, l'ouverture sera réduite à ses dimensions initiales et ainsi de suite…. À ces deux grands types de violences s'ajoutent toutes les interventions pratiquées sur les organes génitaux féminins " pour des raisons culturelles ou à des fins thérapeutiques ", telles que piqûres, perforations ou incisions du clitoris ; grattage de l'orifice vaginal ou incision du vagin ; introduction de substances corrosives ou de plantes dans le vagin pour provoquer des saignements ou pour resserrer ou rétrécir le vagin (définitions officielles de l'OMS). Le nombre de femmes excisées est estimé à 130 millions dans le monde et tous les ans, près de 2 millions d'autres sont soumises à cette coutume, au rythme d'environ 6000 cas par jour, soit 5 petites filles par minute. Sources
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"Lorsqu'on nous parle, à propos d'ici ou d'ailleurs, d'échange des femmes, on nous signifie cette vérité là, (…) ce qui " s'échange " est déjà possédé" Le trafic des femmes et des fillettes atteint aujourd'hui des proportions alarmantes, notamment dans les pays d'Asie et plus récemment d'Europe de l'Est. Près de 70 millions de femmes et d'enfants de l'Asie du Sud-Est ont été victimes du trafic sexuel depuis 10 ans. Le tourisme sexuel à destination des pays en développement est notamment bien organisé aux États-Unis, dans plusieurs pays d'Europe et autres pays industrialisés. Il s'opère d'un pays à l'autre, souvent avec la complicité des gardes frontières. On estime que le trafic humain rapporte 7 milliards de dollars chaque année aux réseaux criminels organisés. Selon les évaluations, 4 millions de femmes et de fillettes sont achetées et vendues dans le monde entier, à de futurs époux, à des proxénètes ou à des marchands d'esclaves. Sources
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La préférence du fils L'infanticide féminin est l'assassinat d'une petite fille dans les semaines qui suivent sa naissance. On parle de " préférence pour le fils " pour exprimer l'attribution d'une valeur supérieure aux garçons tant sur le plan économique que social. Ce phénomène peut se traduire de diverses manières : avortement du fœtus féminin, meurtre de la nouveau-née, primauté du garçon en ce qui concerne l'alimentation, les soins de santé et l'éducation de base alors que les besoins de la fille dans ces domaines essentiels sont négligés. Bien qu'officiellement interdits, les tests médicaux visant à choisir le sexe de l'enfant à naître constituent une activité florissante en Chine, en Inde et en République de Corée. Plus de 100 millions de filles manquent à l'appel à travers le monde du fait de la préférence accordée au fils. Dans le monde entier, quand les parents envisagent de n'avoir qu'un ou deux enfants, ils disent vouloir au moins un garçon ; ainsi, à mesure que la norme d'un seul enfant par famille s'institue, les pressions en faveur d'un fils se renforcent.
Dans certains pays, les mariages sont précédés du paiement d'une dot par la famille de la mariée. Le non-paiement de l'apport convenu peut provoquer le recours à des violences. L'immolation de l'épousée a lieu lorsque son mari provoque un " accident " (souvent explosion d'une cuisinière), car il estime que la dot obligatoire (les cadeaux qu'il a reçus de ses beaux-parents) est insuffisante. En Inde, en moyenne cinq femmes par jour sont brûlées pour des motifs tenant à leur dot, et beaucoup d'autres cas ne sont jamais signalés. Sources
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Les viols en temps de guerre " Le conflit armé exaspère ce que la paix a jusqu'ici toléré : que le corps des femmes fonctionne encore comme butin… " L'utilisation du viol en tant qu'arme de guerre est de plus en plus manifeste. Entre 250 000 et 400 000 femmes ont été violées au cours de la guerre d'indépendance du Bangladesh en 1972. Au Rwanda, entre avril 1994 et avril 1995, on estime que le nombre de femmes et de filles violées serait de 15 700 à 250 000 et plus. Durant le conflit dans l'ex-Yougoslavie des dizaines de milliers de musulmanes détenues dans des camps expressément créés pour cela étaient violées et fécondées contre leur gré ; les viols collectifs, souvent suivis de massacre des victimes, ont été commis à plus large échelle encore durant le génocide de 1994 au Rwanda, et tout récemment, les femmes d'origine chinoise ont été des cibles privilégiées lors des émeutes de mai 1998 en Indonésie. À l'heure actuelle, les principales victimes des conflits armés sont des civils (femmes et enfants) et non des soldats. Les Cinq Grands (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine), dotés du droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU, réalisent environ 85% de toutes les ventes d'armes de la planète. Sources
: - Leila
Sebbar, " L'hymen, butin de guerre",
La violence sexiste au long d'une vie de femme :
Source : L. Heise, 1994. Violence Against Women: The Hidden Health Burden, document de travail de la Banque mondiale, Washington, DC : Banque mondiale. Source générale : Marche Mondiale des Femmes |
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