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8
mars 2005 - Journée
Internationale des Droits de la Femme. Pour sa trentième édition, la journée du 8 mars témoigne que le nombre de femmes ayant un pouvoir de décision dans le monde reste très faible. Le 8 mars, Journée internationale des femmes, est notamment marqué cette année par une "longue marche mondiale" destinée à faire connaître une "Charte mondiale des femmes" qui sera lancée dans la journée à Sao Paulo (au Brésil) et qui doit arriver le 17 octobre à Ouagadougou (Burkina Faso) après avoir traversé 53 pays. Selon les organisateurs, la marche se déroulera comme une course de relais où le témoin sera un document qui prône "l'égalité, la liberté, la justice, la paix et la solidarité". Dans chaque pays traversé des activités spécifiques seront organisées. Adopté à Kigali (Rwanda) le 10 décembre 2004 par des déléguées de la Marche mondiale des femmes, le document circulera dans un premier temps dans les deux Amériques (mars-début mai), puis en Europe (mai-juin), en Asie-Océanie (juillet), avant de finir en Afrique (septembre-octobre). La Charte "identifie le patriarcat comme le système d'oppression des femmes et le capitalisme comme le système d'exploitation d'une immense majorité de femmes et d'hommes par une minorité". Ses initiatrices proposent "de construire un autre monde où l'intégrité, la diversité, les droits et la liberté de toutes et de tous sont respectés". En France, une manifestation parisienne marquera le 8 mars et couronnera une journée qui va aborder des thèmes aussi divers que la peine de mort ou les publicités sexistes. Deux jours après la manifestation du mouvement Ni putes ni soumises, pour la laïcité et contre l'intégrisme religieux - qui a réuni 2 600 personnes selon la police, 10 000 selon les organisatrices -, le Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) appelle "les femmes à prendre la rue la nuit du 8 mars" avec un catalogue de revendications plus larges pour ce rassemblement. Un millier de salariés du commerce ont manifesté mardi matin à Paris à l'appel de la CGT pour dénoncer "les salaires de misère" et le temps partiel dans une profession à dominante féminine, à l'occasion de la journée de la femme, selon la fédération CGT organisatrice. Par ailleurs, à titre symbolique, la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale sera présidée par la vice-présidente socialiste Paulette Guinchard-Kunstler. A 19 h 30, un comédien viendra à l'Assemblée pour réciter des textes et notamment la Déclaration des droits de la femme rédigée par Olympe de Gouges, femme de lettres du XVIIIe siècle et révolutionnaire. LES FEMMES SOUVENT ÉCARTÉES DU POUVOIR A sa trentième édition, cette journée internationale témoigne que le nombre de femmes ayant un pouvoir de décision dans le monde reste très faible avec l'Asie-Pacifique, qui compte quatre présidentes et "premières" ministres, faisant figure d'exception. Cependant cette exception n'est qu'un trompe-l'œil, en Asie, en particulier en Asie du Sud, les femmes sont encore largement à la traîne. Par
exemple, plus de trois ans après la chute du régime
des talibans, les Afghanes peuvent en théorie étudier,
travailler ou se présenter à des élections,
et ne sont plus obligées de se draper d'une burqa pour
sortir. Cette situation s'est aggravée dans les pays touchés par le tsunami de décembre 2004. Des experts réunis par l'ONU à Bangkok à l'occasion de la Journée internationale des femmes ont averti, mardi, que les femmes ont vu leur sécurité et autres droits fondamentaux encore plus menacés dans les zones frappées par le tsunami. Ailleurs, la condition des femmes s'améliore très lentement, comme dans les petites monarchies pétrolières du Golfe, le Koweït envisageant de leur octroyer le droit de vote et celui d'être élue, malgré l'opposition des islamistes. Dix ans après la Conférence mondiale sur les femmes de Pékin, les participants à la réunion de New York célébrant la semaine dernière cet anniversaire n'ont pu que réaffirmer la validité du programme d'action pour la promotion de l'égalité des sexes adopté en 1995. Le programme de Pékin proclamait notamment que les droits des femmes étaient un droit fondamental de l'humanité à part entière. Les gouvernements s'y engageaient entre autres à éradiquer toutes les lois discriminatoires à l'égard des femmes. Dix ans après, beaucoup ne l'ont toujours pas fait. Source : Le Monde |
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