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28 avril 2006 - Soudan : l'offensive gouvernementale menace les civils du Darfour
Le gouvernement soudanais a lancé une nouvelle offensive militaire au Sud Darfour (voir carte) qui met gravement en danger les civils, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Le 25 avril, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution qui a inscrit quatre ressortissants soudanais impliqués dans le conflit armé sur la liste des personnes à sanctionner, leur interdisant les voyages à l'étranger et gelant leurs avoirs. « Les nouvelles attaques de Khartoum contre des civils montrent que le Conseil de sécurité doit bouger rapidement sur la question d'une force de protection des Nations unies au Darfour, » a déclaré Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. L'attaque du 24 avril contre le village de Joghana semble s'inscrire dans une offensive gouvernementale plus vaste au Sud Darfour, dans le but apparemment de consolider le territoire avant la date limite du 30 avril fixée par l'Union africaine pour conclure les négociations de paix. Des milliers de personnes déplacées vivaient à Joghana, sous contrôle du groupe rebelle de l'Armée de libération du Soudan (SLA), après avoir fui de préalables attaques contre leurs villages. « Si le gouvernement soudanais poursuit cette offensive alors Greida sera certainement la prochaine cible, » a déclaré Takirambudde. « Les civils là- bas, en particulier ceux qui sont de la même ethnie que les groupes rebelles, pourraient se retrouver très exposés.» Les groupes rebelles – le SLA et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – ont tous les deux été très actifs dans la région de Greida au cours de l'année écoulée en dépit de la demande de l'Union africaine d'un retrait des forces SLA de la ville de Greida où les forces de l'Union africaine ont une base. Depuis novembre 2005, Human Rights Watch a recueilli des récits sur une douzaine d'attaques, d'ampleur variable, menées par les milices soutenues par le gouvernement contre des villages situés autour de Greida. Au cours de ces attaques, des milliers de civils ont été déplacés et ont perdu le cheptel qui leur restait ainsi que d'autres biens. Les forces rebelles auraient attaqué d'autres villages de la région en représailles. L'offensive du gouvernement soudanais contre Joghana et les villages environnants s'apparente à des opérations antérieures au Sud Darfour, fin 2004 lorsque des responsables soudanais avaient affirmé « nettoyer la route » autour de Nyala pour des raisons de sécurité alors qu'ils menaient en fait une offensive brutale contre les populations civiles vivant dans des régions stratégiquement importantes sous contrôle SLA. Human Rights Watch a appris de sources crédibles que les responsables du gouvernement soudanais avaient récemment informé la mission de l'U.A. au Darfour de leur intention de « nettoyer la route » de Nyala à Buram. Comme dans d'autres régions du Darfour, les responsables soudanais ont exacerbé les tensions ethniques locales en continuant à recruter, soutenir et utiliser des milices ethniques dans la région de Greida. Les autorités soudanaises dont Al Haj Atta Al Mannar, le wali ou gouverneur du Sud Darfour, ont mis en place de soi-disant mécanismes de réconciliation, censés apaiser les tensions ethniques à Greida. Mais ces efforts, notamment l'installation de responsables de milices bien connus responsables de crimes de guerre dans les comités de réconciliation, représentent la poursuite de la politique du gouvernement soudanais qui construit des alliances militaires sur une base ethnique, sans se préoccuper de leur impact nocif sur les relations inter-ethniques. Le gouverneur du Sud Darfour est un personnage clef dans le réseau des alliances de milices soutenues par le gouvernement au Sud Darfour, comme l'a décrit le rapport de Human Rights Watch de décembre 2005, « Impunité inébranlable : responsabilité gouvernementale dans les crimes internationaux commis au Darfour ». La Chine, la Russie et le Qatar se sont abstenus de voter la résolution du Conseil de sécurité du 25 avril imposant des sanctions à quatre ressortissants soudanais, prétextant qu'une telle action pourrait interférer avec les négociations de paix de l'U.A. en cours au Nigeria. Pour consulter le rapport de décembre 2005, « Impunité inébranlable : responsabilité gouvernementale dans les crimes internationaux commis au Darfour », cliquez ici : http://hrw.org/reports/2005/darfur1205/ Source
: HRW (Human Rights Watch)
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