L'Eau en Afrique
Delphine Catalifaud - PopulationData.net
Tourner un robinet et voir couler un puissant jet d’eau instantanément. L’image est quotidienne, naturelle. On peine même à imaginer qu’il en soit autrement ailleurs. C’est pourtant le cas dans bien des pays et notamment en Afrique où 300 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable.
Alors que les bulles de Coca-Cola voyagent à travers le globe et n’épargnent personne, pas même les pays en voie de développement, l’eau potable fait encore défaut ça et là. Un paradoxe qui pousse à réfléchir sur les priorités de notre planète… « bleue ».
Simple comparaison, histoire de poser un peu le décor du débat : au Canada, une personne utilise en moyenne 326 litres d’eau par jour, contre 150 environ en France et… 10 à 20 litres en Afrique subsaharienne. Les ressources ne sont pas les mêmes, les infrastructures manquent.
L’Afrique ne représente que 9% des ressources mondiales en eau et les disparités entre les pays, entre les zones rurales et urbaines, sont nombreuses.
Notons par exemple que le Congo Kinshasa représente 25% des ressources en eau alors que la Mauritanie n’atteint que le chiffre minuscule de 0,001%.
Si l’Afrique occidentale et l’Afrique centrale possèdent davantage de ressources hydriques, notamment grâce aux précipitations, les pays du Maghreb, la corne de l’Afrique et le sud de l’Afrique sont donc plus à plaindre. L’eau y est insuffisante, les infrastructures pour irriguer sont coûteuses et celles déjà en place sont parfois en mauvais état : fuites de canalisations, évaporation… De plus, ces insuffisances d’eau entraînent des complications au niveau sanitaire : propagation de maladies, pauvreté, malnutrition…
Les chiffres sont clairs : dans les grandes villes d’Afrique, seules 10 à 30% des ordures ménagères sont ôtées et 10% des toilettes sont reliées au tout-à-l’égoût.
Certes, de nombreuses initiatives ont été mises en place pour permettre une meilleure utilisation des ressources.
Mais les prévisions d’ici 2025 sont quelque peu inquiétantes. On laisse entendre en effet que le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso, la Tanzanie, le Mozambique, le Zimbabwe, le Lesotho, le Swaziland, l’Erythrée et l’île Maurice seront en stress hydrique.
Pire, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Palestine, l’Egypte, le Liban, la Jordanie, le Yémen, Djibouti, la Somalie, l’Ethiopie, le Kenya et l’Afrique du Sud figurent sur la liste des pays où l’eau sera une denrée rare en 2025.
L’heure est donc à l’action. Car mieux vaut prévenir que guérir…
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