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11 février 2006
- Haïti, pays à la population naufragée Un rapport de l'ONG Action contre la faim sur la situation humanitaire en Haïti dresse un constant alarmant en matière de santé et de pauvreté. « Une population naufragée ». Le titre du rapport de l'ONG française Action contre la faim sur la situation humanitaire en Haïti est sans ambages. Présente dans l'île depuis 1988, ACF dresse un constat accablant. « Les Haïtiens ne savent plus à quel vaudou se vouer. Le pays s'enfonce désespérément dans le chaos, alors que depuis des années aucune solution durable ne semble émerger pour soulager les maux de toute une population », écrit ACF. Après vingt ans de crise à répétition, les statistiques sont impitoyables. Environ 55 % des 8.3 millions de Haïtiens sont au chômage et plus de 70 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le taux d'espérance de vie dépasse à peine les 56 ans. La moitié de la population n'a ni accès à l'eau potable ni à l'électricité. Chaque année 30 000 enfants décèdent avant d'atteindre l'âge de cinq ans. Avec de tels indicateurs, Haïti est aujourd'hui le pays le plus pauvre de « l'espace américain ». « L'accès à l'eau potable en Haïti doit être considéré aujourd'hui comme un problème de santé publique » qui couve une véritable « urgence silencieuse », selon ACF. L'association estime que les maladies liées à l'eau comme les diarrhées « ont une forte part de responsabilité dans le taux de mortalité infantile ». Elle évoque un pays en état de « déstructuration totale » : « Laissées à l'abandon depuis des années par un État absent, les infrastructures du pays sont en ruine. » Faute de revenus suffisants, la majorité des Haïtiens doit souvent se contenter d'un seul repas par jour alors que le pays ne souffre pas de pénurie alimentaire. « Les Haïtiens vivent au jour le jour, toujours sur le fil du rasoir, et les crises politiques et climatiques qui les guettent peuvent rapidement les faire sombrer dans une situation alimentaire préoccupante », indique ACF. Le rapport met aussi l'accent sur les questions environnementales. Haïti serait « une bombe écologique à retardement ». L'île est victime de la déforestation. Les conséquences sont dramatiques pour les populations en cas de fortes pluies. L'eau peut alors déferler sans retenue le long des collines pour engloutir des villages entiers comme en mai 2004. Soucieuse d'alerter l'opinion internationale, ACF appelle à la poursuite des actions humanitaires : « Des projets adaptés, une implication plus forte et une meilleure gestion de l'aide internationale sont les voies à suivre pour aider Haïti et ses habitants à sortir de ce cercle infernal et leur donner de nouvelles perspectives d'avenir. » Sources : L'Humanité |
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