24
janvier 2003
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60 000 civils fuient le centre du pays.
AFP
- Bujumbura
Près de 60 000 civils ont fui leurs habitations
depuis le 17 janvier au
centre du Burundi en raison des affrontements
entre l'armée et des rebelles des Forces pour la défense
de la démocratie (FDD), a-t-on appris mercredi de
sources administrative et militaire.
«Dans la commune Bugendana, il y a 6990 ménages qui
ont fui, à Giheta, ce sont 1477 ménages et dans la
commune Itaba, ce sont 995 ménages, ce qui fait 59 841
personnes au total», a déclaré à l'AFP M. Tharcisse
Ntibarirarana, gouverneur de la province de Gitega.
Selon lui, la grand majorité de ces déplacés sont
dispersés sur les collines environnantes. «La situation
de ces populations est dramatique car elle se déplace
sans vivres, elle ne bénéficie pas d'abri alors qu'elle
faisait face à une flambée de paludisme en cette période
de saison des pluies, a-t-il ajouté.
L'armée, dominée par la minorité tutsie, a reconnu
ces déplacements de civils.
«Il n'y a pas de combat majeur mais des accrochages
réguliers et qui se sont multipliés dans plusieurs
localités de la province Gitega», a assuré à l'AFP
le porte-parole de l'armée, le colonel Augunstin Nzabempema.
«Les rebelles vont par petites compagnies, ils se
ravitaillent sur la population, ce qui l'oblige à
fuir, d'autant plus qu'elle a reçu des consignes claires
de l'administration de quitter immédiatement toutes
zones où les rebelles ont été signalés», a-t-il poursuivi.
Les FDD, principal mouvement rebelle burundais, ont
signé le 3 décembre dernier un accord de cessez-le-feu
avec le gouvernement, qui devait officiellement entrer
en vigueur le 30 décembre dernier. Son entrée en vigueur
a été repoussée à une date non déterminée.
La trêve, qui était théoriquement effective trois
jours après la signature de cet accord historique
de cessez-le-feu, est de moins en moins respectée
sur le terrain.
Une
guerre civile oppose depuis 1993 l'armée à des mouvements
rebelles hutus. Cette guerre a déjà fait 300 000
victimes environ, essentiellement des civils, selon
les Nations unies.
Source : site internet de Cyberpresse