21
février 2003
-
Ouganda
: l'armée et les rebelles intensifient les
attaques contre la population civile.
Human
Rights Watch - New York
Dans un document de présentation publié
aujourd'hui sur la guerre dans le Nord de l'Ouganda,
Human
Rights Watch a déclaré que ces derniers
mois, les rebelles de la Lord's Resistance Army (LRA)
et le gouvernement ougandais ont intensifié
les attaques contre la population civile.
Durant
ces derniers mois, la LRA a pris pour cibles non seulement
l'armée ougandaise, mais également des
civils dans les villages, des personnes déplacées
et des réfugiés, mais également
le personnel des agences chargées de leur venir
en aide au sud du Soudan et dans le nord de l'Ouganda.
En août, la LRA a attaqué un camp de
réfugiés soudanais, causant la mort
de plus de cinquante personnes. Puis, le 13 octobre,
elle a attaqué le village d'Albilo Nino situé
dans le district de Pader et a brûlé
les huttes de douzaines de personnes avec leurs habitants.
En
réponse à cette intensification des
activités de la LRA, le gouvernement ougandais
a ordonné, le 3 octobre dernier, à des
dizaines de milliers de personnes de quitter leurs
villages dans les 48 heures et de se rassembler dans
les villes ou dans les camps de réfugiés.
Le 6 octobre, l'armée a commencé à
bombarder la région qui devait être évacuée.
Des sources locales ont rapporté que des civils
avaient trouvé la mort dans ces bombardements.
D'après
Jemera Rone, chercheuse à la Division Afrique
de Human
Rights Watch, " la population civile n'est
plus seulement victime des tirs croisés dans
cette guerre, elle est devenue la cible principale
des attaques de la LRA. De plus, le gouvernement n'a
pas pris les mesures nécessaires pour protéger
les civils. "
Ce
déplacement forcé des civils ne fera
sans doute qu'augmenter leurs souffrances. En 1996,
l'armée a déplacé par la force
des civils au nom de la sécurité. Plus
d'un demi-million de personnes vivent depuis dans
des camps où les conditions de vie sont déplorables
et où ces personnes sont non seulement victimes
de violence de la part des soldats du gouvernement
ougandais mais également à la merci
des attaques de la LRA.
Concernant
ces camps, le Protocole II des Conventions de Genève
stipule que " toutes les mesures doivent y être
prises pour que la population civile soit accueillie
dans des conditions d'hygiène, de santé,
de sécurité et alimentaire correctes.
" Ceci devrait être appliqué y compris
là où les civils sont en danger et même
lorsque des impératifs militaires imposent
des déplacements.
"
Les règles fondamentales des Conventions de
Genève ont été clairement violées
par le gouvernement ougandais ", affirme Jemera
Rone.
Ces
derniers mois, les civils du Nord de l'Ouganda
et du sud du Soudan ont également été
victimes d'un nombre plus important d'attaques de
la part de la LRA, bien connue pour ses fréquentes
violations des droits humains. En mars 2002, poussé
par le gouvernement américain, le gouvernement
soudanais a permis à l'armée ougandaise
d'entrer sur son territoire pour y mener l'opération
" Poing de fer " (Operation Iron Fist),
offensive de grande envergure contre la LRA. Auparavant,
le gouvernement ougandais fournissait la LRA en nourriture
et en matériel, il a désormais cessé
ces activités. Conséquence de l'échec
du plan visant à l'élimination de la
LRA, les rebelles se sont réfugiés dans
les montagnes du Sud du Soudan et en Ouganda. Depuis
mai 2002, l'ARS a intensifié ses attaques au
Nord de l'Ouganda enlevant et tuant des civils, pillant
les villages, les camps de personnes déplacées
et les camps de réfugiés soudanais.
En
septembre 2002, environ 552 000 Ougandais étaient
déplacés ou couraient le risque de ne
pas pouvoir procéder à la récolte,
tandis qu'au moins 24 000 réfugiés soudanais
étaient déportés de force en
Ouganda,
que des milliers de Soudanais originaires du sud du
pays étaient déplacés à
l'intérieur du pays et que les camps de réfugiés
et de personnes déplacées étaient
pillés et brûlés. Depuis le mois
de mars 2002, ce conflit a fait un grand nombre de
victimes civiles tant au Nord de l'Ouganda qu'au sud
du Soudan.
Source : communiqué de Human
Rights Watch.