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4
décembre 2002
-
Menaces sur la sécurité des réfugiés
libériens.
(New
York, 25 novembre 2002)
Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait étendre
l'embargo sur les armes à destination du Libéria à
l'ensemble des groupes rebelles et surveiller de près
son respect par le Gouvernement de Guinée, a estimé
aujourd'hui Human
Rights Watch.
Dans un nouveau rapport intitulé " Les réfugiés libériens
en Guinée : refoulement, militarisation des camps
et autres problèmes de protection ", Human
Rights Watch a souligné que les relations étroites
entre le Gouvernement guinéen et les groupes rebelles
libériens représentaient une grave menace pour la
sécurité de ces réfugiés et leur protection en Guinée.
Des centaines de Libériens cherchant refuge en Guinée
sont refoulés vers le Libéria et forcés de rejoindre
les rangs du groupe rebelle des Libériens unis pour
la réconciliation et la démocratie (LURD), soit comme
combattants soit comme porteurs.
Les combattants du LURD en ont également empêché d'autres
d'atteindre la frontière.
Le droit international humanitaire interdit le retour
forcé, le refoulement, de personnes vers des situations
où leur vie ou leur liberté seraient menacées.
" Le Gouvernement guinéen viole manifestement les
règles du droit international humanitaire en traitant
ainsi ces réfugiés ", a déclaré Peter Takirambudde,
directeur exécutif de la division Afrique
de Human
Rights Watch. "Par dessus tout, les autorités
guinéennes encouragent les violations des droits humains
par les rebelles libériens. "
De nombreux réfugiés ont raconté à Human
Rights Watch comment des membres du LURD opèrent
librement et ouvertement en territoire guinéen. Ils
ont décrit comment les militaires guinéens près de
la frontière arrêtent les réfugiés, en sélectionnent
certains pour le retour et donnent l'ordre de les
renvoyer au Libéria. Souvent, les soldats guinéens
remettent en personne les réfugiés aux commandants
du LURD.
Le rapport de Human
Rights Watch a été publié pour coïncider avec
la réunion, lundi 25 novembre, du Conseil de sécurité
sur les sanctions imposées au gouvernement libérien
en raison de son soutien aux rebelles de Sierra Leone.
Les chercheurs de Human
Rights Watch ont été particulièrement alarmés
par la situation à Kouankan, le plus grand camp de
réfugiés en Guinée : les combattants du LURD, souvent
en uniformes et parfois en armes, pouvaient se déplacer
librement dans et autour du camp et, dans certains
cas, y auraient résidé. Les autorités militaires guinéennes
qui contrôlaient le seul accès au camp étaient manifestement
au courant des mouvements des membres du LURD mais
ne faisaient rien pour les empêcher. " Les réfugiés
ont été menacés et intimidés ", a souligné Peter Takirambudde.
" Les forces du LURD ont recruté de force des hommes
et des jeunes garçons parmi les réfugiés, ont enlevé
des jeunes filles pour avoir des relations sexuelles
avec elles avant de les renvoyer dans le camp. Ceci
n'est pas acceptable : la nature civile des camps
de réfugiés doit être préservée et leurs résidents
doivent s'y trouver en sécurité. "
Au cours des deux dernières semaines, Human
Rights Watch a reçu des informations crédibles
de la part de réfugiés libériens quittant le camp
de Kouankan et pour se mettre en sécurité dans les
camps de réfugiés en Sierra Leone. Dans les régions
de Koyama et de Fassankoni, les réfugiés n'ont pas
été refoulés vers le Libéria mais ont subi d'autres
formes d'abus, parmi lesquelles des arrestations arbitraires
suivies de détention dans des postes militaires ou
de police, accusés sans fondement de combattre pour
le Gouvernement libérien.
Plusieurs hommes réfugiés qui étaient détenus ont
été maltraités par les militaires ou la police de
Guinée. Ils n'ont pas été sérieusement interrogés
sur un crime quelconque et, dans la plupart des cas,
ont pu obtenir leur libération en versant des pots-de-vin
aux autorités guinéennes.
Human
Rights Watch a également appelé le Gouvernement
guinéen à permettre l'accès sans restriction aux zones
frontalières du personnel du Haut Commissariat des
Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et des autres
agences humanitaires.
Les autorités gouvernementales ont souvent bloqué
l'accès à ces régions sous prétexte qu'elles étaient
trop dangereuses.
Human
Rights Watch a également exhorté le HCR à jouer
un rôle plus actif et plus visible en appelant le
Gouvernement de Guinée à assurer la protection et
la sécurité des réfugiés et à rapporter immédiatement
aux autorités tout exemple d'abus.
Source : site internet de Human
Rights Watch
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