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15 août 2006 - Liban : situation au 15 août 2006 Après 1 mois de frappes militaires visant à détruire toutes les infrastructures du Liban, Israël a enfin accepté un cessez-le-feu, de même que le Hezbollah, qui de son côté a stoppé ses lancements de missiles et roquettes sur l'état hébreu. Un mois de destructions, des centaines de morts côté libanais (plus de 1300 selon un bilan encore provisoire), au moins 150 soldats et des dizaines de civils israéliens tués, le Nord d'Israël évacué par plus d'un million de personnes, tout comme le Sud du Liban lui aussi évacué par plus d'un million de personnes... tout un bilan ! Cette guerre éclair, préparée et planifìée depuis longtemps par les militaires israéliens, qui n'attendaient plus qu'un "prétexte" (la capture par le Hazbollah de deux soldats envoyés patrouiller en territoire libanais) pour la lancer puisqu'ils avaient le "go" de Washington, a donc ravagé le Liban, mettant à genou un pays entier qui se remettait rapidement et avec enthousiasme d'une guerre qui avait duré 25 ans auparavant. Cette précaire paix, extrèmement fragile, permet à des centaines de milliers de réfugiés de retourner chez eux, du moins ce qu'il en reste pour nombre d'entre eux, et découvrir l'étendue des dégâts. Mais l'afflux d'un tel nombre de réfugiés, qui auront besoin de tout, notamment d'eau potable et de soins, dans un tel désordre sur le terrain, est presque une catastrophe annoncée. Les routes sont pratiquement impraticcables, donc des difficultés sont à prévoir pour acheminer l'aide nécessaire, les médicaments, vivres, l'eau, tout manque et ne sera disponible que dans des semaines, voire des mois. De plus, les combattants des deux armées sont toujours sur place, l'armée israélienne occupant une bande de terrain d'une dizaine de km de large au-delà de sa frontière avec le Liban. Soit à la moitié de son objectif d'aller jusqu'au fleuve Litani. Or, sachant le peu de cas qu'elle a fait de la présence de la Finul, bombardant délibérément certaines des positions de la force onusienne et tuant 6 personnels onusiens dont 2 civils, on peut se demander si elle acceptera de se retirer si facilement. Le nombre de résolutions de l'ONU pour cause d'occupation illégale non respectées par l'état hébreu est grand. Mais la guerre n'a été gagnée par personne, et ne le sera par aucun des soldats en présence. C'est la paix qui se gagne, la diplomatie et le dialogue, par la guerre, le mensonge et la politique politicienne. Le général français qui commande la Finul au Liban, Alain Pellegrini, a déclaré au journal Le Monde le 15 août 2006, outre que la situation était très fragile, que le déploiement de 13 000 soldats supplémentaires aux 2 000 déjà sur place appartenant à la Finul prendrait probablement 1 année. De son côté, l'armée libanaise, jusqu'à présent quasi absente du Sud du pays, va tenter de s'installer sur son territoire, mais parviendra-t-elle à aller jusqu'à la frontière avec Israël ? Rien n'est moins sûr, et rien n'est pour le moment décidé et notamment les modalités de mise en place de ce déploiement. La situation humanitaire des populations va donc s'installer dans le provisoire, encore une fois, en attendant le bon vouloir de tous ces gens qui s'octroient, d'un côté comme de l'autre, le droit de bouleverser des millions de vies au nom d'idéologies, de religions, de politiques dont on voit autant la finalité absurde que la vacuité.
Sources : VoltaireNet, Le Monde > Réagissez à cet article dans notre forum
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