4
février 2003
-
L'Afghanistan est au bord du désastre écologique.
AFP
- Kaboul
23
années de guerre ont placé l'Afghanistan
au bord d'un véritable désastre environnemental qui risque d'échapper
à tout contrôle si rien n'est rapidement fait, selon un rapport
du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) publié
mercredi.
Déforestation
et désertification sont aggravées par des conditions de pollution
désastreuses - décharges toxiques, réseaux d'égouts dévastés, raffineries
et usines totalement hors normes, selon le rapport.
À l'issue de ce premier bilan écologique dressé depuis la chute
des taliban à l'automne 2001 qui a mis fin à 23 ans de guerre, le
PNUE lance un vigoureux appel à l'aide internationale. «La tragique
combinaison de la guerre, du désordre civil, du manque de gouvernance
et de la sécheresse a porté un coup fatal aux ressources naturelles
et humaines de l'Afghanistan», juge
le rapport.
«L'absence drastique de politique environnementale et la dégradation
poussée de l'environnement accroît sérieusement la vulnérabilité
des populations aux désastres naturels», poursuit le PNUE qui estime
que si rien n'est fait rapidement, à la fois par le gouvernement
afghan et par la communauté internationale, la population, la faune
et la flore d'Afghanistan sont en
danger.
«Transformer l'Afghanistan en un
pays prospère, démocratique et qui survienne à ses propres besoins
ne peut pas se faire sans l'assistance de la communauté internationale»,
affirme le PNUE.
Des années de destruction et de sécheresse ont rendu l'Afghanistan
totalement dépendant de l'aide étrangère pour sa reconstruction,
mais, poursuit le rapport, ce processus s'effondrera si une attention
particulière n'est pas portée aux problèmes environnementaux de
base.
«Les conflits ont détruit les infrastructures et mis un terme aux
activités agricoles». «Trois ou quatre années de sécheresse ont
frappé le pays et causé une vaste et profonde dégradation des sols,
un abaissement des nappes phréatiques, un assèchement des sols humides,
une déforestation, la perte de couverture végétale, une érosion
et une réduction de la faune», selon ce bilan.
Les déplacements des populations rurales pour des raisons de sécurité
ont provoqué une pression énorme sur les centres urbains, aggravée
par le retour de près de deux millions de réfugiés exilés.
«Un fort niveau de chômage, l'absence de réseau électrique convenable
et les problèmes de santé publique ont un effet profond sur la qualité
de la vie urbaine», explique le PNUD en notant parmi les principaux
problèmes la pollution de la nappe phréatique par les réseaux d'égouts
ouverts et les déchets industriels ou encore la pollution automobile.
La déforestation et les mauvaises pratiques agricoles ont dévasté
le paysage des zones rurales arides et mis en danger une faune déjà
atteinte par une chasse extensive, note le rapport en soulignant
que le Pakistan détient une part de
responsabilité en autorisant la contrebande de bois des zones forestières
de l'est de l'Afghanistan.
Plus de 50% de la couverture forestière a été perdue depuis 20 ans
dans les provinces du Nuristan, de Kunar et Nangarhar (est), affirme
l'étude en prévoyant des pertes identiques pour les provinces plus
méridionales de Khost, Paktia et Paktika. (voir
carte)
Selon le ministre afghan de l'Environnement, Yusuf Nooristani, la
déforestation est une des principales causes des problèmes d'environnement
du pays : «Les précieuses ressources forestières du pays ont
été pillées par des mafias du bois, afghanes et non afghanes, exposant
le pays à la déforestation et à l'érosion qui accroissent notre
vulnérabilité aux désastres écologiques».
Source : article paru dans Cyberpresse