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Alerte au virus de Marburg en Afrique australe

8 avril 2005 - Alerte au virus de Marburg en Afrique australe
OMS -
AFP - Viana - Angola - Florence Panoussian

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande l'alerte contre le virus de Marburg dans tous les pays voisins de l'Angola où le bilan officiel des décès dus à cette fièvre hémorragique a doublé en trois semaines, avec 174 morts, a déclaré jeudi soir à l'AFP un haut responsable de l'OMS à Luanda.

Les pays frontaliers de l'Angola doivent être mis en alerte contre la fièvre hémorragique de Marburg, dont le bilan officiel a doublé en trois semaines avec 174 morts dans cette ancienne colonie portugaise dévastée par une longue guerre civile, a déclaré jeudi à l'AFP un haut responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) présent à Luanda.

«Tout le monde doit être en alerte. Pas seulement les autres provinces en Angola, mais tous les pays frontaliers comme la Namibie, le Congo, la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie», a déclaré Anarfi Asamoa-Baah, directeur-général adjoint de l'OMS pour les maladies contagieuses, venu de Genève, siège de l'organisation.

L'épidémie de Marburg, virus apparenté au redoutable Ebola et dont le foyer a été localisé dans la province de Uige (nord, frontalière de la RDC), touche sept des 18 provinces du pays, avec un total de 174 décès sur 200 cas recensés, selon le bilan diffusé jeudi soir par le ministère angolais de la Santé et l'OMS.

Le précédent bilan mercredi faisait état de 159 morts sur 181 cas répertoriés dans cinq provinces depuis le début, le 13 octobre 2004, de cette épidémie qui s'est aggravée le mois dernier.

M. Asamoa-Baah, venu en Angola à l'occasion de la Journée mondiale de la santé, a estimé que l'épidémie allait encore «empirer avant de s'améliorer», ajoutant que la courbe «du bilan des morts et des cas n'a pas atteint son pic».

Il s'est rendu jeudi à Viana, bidonville poussiéreux d'un million d'habitants à 20 km de Luanda, où étaient organisées les célébrations officielles de la journée et où une minute de silence a été observée en hommage aux victimes de Marburg.

M. Asamoa-Baah a déclaré que l'OMS était satisfaite des actions engagées pour juguler l'épidémie, soulignant toutefois que des progrès restent à faire.

«Nous sommes satisfaits de la situation actuelle, mais il y a encore beaucoup de choses à améliorer. Des mesures ont été prises, mais nous avons besoin de davantage de gens et de matériel», a-t-il dit.

Marburg, virus rare et peu connu, qui se transmet par contact avec les fluides corporels (sang, selles, urine, vomi, salive) d'un malade, a pris les scientifiques de court en Angola. Les premiers décès sont survenus en octobre 2004. Le ministère de la Santé avait pour la première fois, le 18 mars dernier, fait officiellement état de l'épidémie avec 87 morts alors attribués à «une fièvre hémorragique d'origine inconnue».

Ce n'est que le 22 mars que le virus --découvert en 1967 à la suite de la contamination d'employés d'un laboratoire de la ville allemande du même nom par des singes verts venus d'Ouganda-- a été identifié après analyse au Centre de contrôle des maladies (CDC) d'Atlanta (États-Unis).

Outre la précarité des infrastructures sanitaires ruinées par 27 ans de guerre civile achevée en 2002, le manque d'information de la plupart des 14 millions d'Angolais explique, selon M. Asoma-Baah, la propagation du virus, dont le taux de mortalité devrait être de 25 à 30% en accord avec les études scientifiques, mais qui a atteint 88% en Angola.

«La plus grande faiblesse c'est qu'il n'y a pas assez d'information diffusée pour éduquer le public sur ce qu'est cette maladie, comment elle se répand et comment les gens peuvent être contaminés par contact avec un mort», a-t-il déclaré.

«Nous avons dit aux autorités angolaises qu'elles doivent être vraiment transparentes sur l'épidémie car ce serait pire pour l'économie si elles ferment la porte aux médias», a-t-il dit.

Le Parlement a adopté mercredi une résolution demandant au gouvernement de mobiliser tous les moyens nécessaires, notamment d'information.

> voir une carte de la zone touchée

Sources : OMS, AFP, Cyberpresse

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