| Paludisme
: pénurie de médicaments probable |
8
novembre 2004
- La
forte augmentation de la demande entraîne une pénurie
des associations médicamenteuses à base d'artémisinine
pour traiter le paludisme.
OMS
- Genève
En
raison d'une forte augmentation de la demande, il va y avoir
probablement une pénurie d'artemether-lumefantrine, une
association médicamenteuse comportant de l'artémisinine,
jusqu'en mars 2005 au moins. Les associations de ce type sont
à l'heure actuelle les médicaments les plus efficaces
pour traiter le paludisme à P. falciparum, la forme la
plus dangereuse de cette maladie.
Depuis
2001, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé
aux pays où le paludisme est devenu résistant
aux traitements traditionnels, comme la chloroquine, de passer
à ces associations. Celles que recommande actuellement
l'OMS sont au nombre de quatre : artemether-lumefantrine, artesunate-méfloquine,
artesunate-amodiaquine et artesunate-sulfadoxyne/pyriméthamine.
Depuis
2001, 40 pays (dont 20 en Afrique)
ont officiellement adopté ces médicaments pour
traiter le paludisme. En 2004 seulement, 18 pays ont pris cette
mesure. Quatorze pays ont retenu l'association artemether-lumefantrine
pour les traitements antipaludiques de première intention.
En 2001, l'OMS a passé avec Novartis Pharma AG un accord
aux termes duquel Novartis fournit à l'OMS sa spécialité
à base d'artemether-lumefantrine (Coartem®) à
prix coûtant pour approvisionner les secteurs publics
des pays en développement où le paludisme est
endémique.
Coartem®
est actuellement la seule association médicamenteuse
de ce type présélectionnée par l'OMS. Cela
signifie qu'après avoir évalué le dossier
et les procédés de fabrication du produit, l'OMS
a estimé que ce médicament convenait en principe
à l'approvisionnement des institutions des Nations Unies.
Les
commandes d'artemether-lumefantrine ont augmenté rapidement
depuis 2001, date à laquelle l'OMS avait demandé
220 000 traitements pour le secteur public. On prévoyait
qu'en 2004, la demande allait être de 10 millions de traitement
et elle devait passer, selon les projections de l'Organisation,
à 60 millions de traitements en 2005.
Les
fournisseurs chinois n'arrivant pas à approvisionner
suffisamment Norvartis en artemether, le laboratoire vient d'informer
l'OMS qu'il se trouvait en situation de pénurie pour
l'artemether-lumefantrine. Il en résulte que l'Organisation
ne sera sans doute pas en mesure de fournir dans les prochains
mois les quantités requises pour ce médicament.
L'arthemeter
dérive de l'artémisinine, extraite d'une plante,
Artemisia annua. La culture de cette plante demande au minimum
six mois auxquels se rajoutent trois à cinq mois pour
extraire, traiter le principe actif et fabriquer le produit
final. La forte augmentation récente de la demande en
artémisinine a donc créé une tension provisoire
sur le marché. Cette pénurie devrait vraisemblablement
se prolonger jusqu'en mars 2005 au moins.
Pour
cette période, les pays et les ONG passent commande de
4,5 millions de traitements d'artemether-lumefantrine mais on
ne connaît pas actuellement avec certitude les quantités
qui pourront être effectivement livrées.
L'OMS
recommande à tous les pays menacés de pénurie
d'augmenter l'achat de médicaments antipaludiques de
deuxième intention, en général la quinine.
La quinine est produite à partir de l'écorce de
quinquina et elle était auparavant la composante essentielle
du traitement antipaludique. A la différence de la chloroquine,
elle reste efficace contre le paludisme à P. falciparum
mais, comme le traitement dure plus longtemps, elle est d'un
usage plus difficile.
L'OMS
proposera son assistance technique à tout pays confronté
à l'interruption de son approvisionnement en artemether-lumefantrine.
Elle donnera aussi à tout pays ayant passé des
commandes de ce produit des informations sur les quantités
disponibles et les délais de livraison.
L'OMS
s'est engagée à renforcer la prévention
du paludisme et travaille avec ses partenaires à la distribution
rapide de moustiquaires imprégnées d'insecticides
gratuites ou fortement subventionnées à ceux qui
sont le plus vulnérable au paludisme : les jeunes enfants
et les femmes enceintes.
En
raison de cette pénurie, l'OMS va établir un système
pour attribuer aux demandes en Coartem® des priorités
en fonction d'un certain nombre de critères spécifiques
(s'ajoutant à ceux existant déjà).
L'OMS
publiera de nouvelles informations sur la situation de l'approvisionnement
fin novembre 2004.
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Source : OMS
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