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Santé
| Epidémie
de méningite au Burkina Faso |

©
- OMS / Sven Torfinn |
9
février 2003
-
OMS
- Genève
Un
partenariat mis sur pied en un temps record
pour fournir un vaccin antiméningococcique
alors qu’une épidemie se déclare
en Afrique.
Accélérant un processus qui
prend généralement des années,
l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS), GlaxoSmithKline
(GSK) et la
|
Fondation
Bill et Melinda Gates mettent à la disposition
des pays africains un
nouveau vaccin antiméningococcique quelques
mois seulement après la découverte
d’une forme émergente de méningite
épidémique. Le vaccin ACW135 protègera
contre les souches de méningocoques que l’on
retrouve classiquement en Afrique
(A et C) ainsi que la souche W135, que l’on
retrouvait uniquement dans des cas isolés
sur le continent africain jusqu’à l’année
dernière où elle a touché 14
453 personnes et tué 1743 personnes au Burkina
Faso.
Des
mesures immédiates ont été prises
pour expédier 100 000 doses de ce nouveau vaccin
au Burkina Faso, où
1 349 cas de méningite W135 ont déjà
été confirmés, dont 244 se sont
avérés mortels.
La
première livraison de vaccin de trois millions
de doses au total sera mise à disposition à
un prix réduit dans la ceinture africaine de
la méningite (zone qui s’étend
sur vingt-et-un pays de l’Ethiopie
à l’est au Sénégal
à l’ouest), selon les besoins dans les
mois qui viennent.
«
Le temps record dans lequel nous avons mis au point
un vaccin et le mettons à la disposition de
ceux qui en ont besoin témoigne de ce que peuvent
faire des partenariats public-privé pour améliorer
la santé », a déclaré le
Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général
de l’OMS.
La
méningite est une maladie mortelle qui touche
principalement les enfants. Les premiers symptômes
– fièvre, nausées, céphalées
– peuvent évoluer rapidement vers de
graves lésions neurologiques, la surdité,
le coma et le décès. Sans traitement,
jusqu’à la moitié des victimes
décèdent. Même traités,
jusqu’à 20 % des patients ne survivent
pas.
Des
flambées de méningite se produisent
pratiquement chaque année pendant la saison
sèche dans la ceinture africaine de la méningite.
Les premiers mois de l’année sont généralement
la période cruciale pour les épidémies.
Rien qu’en 2002, au moins 44 280 cas et 5531
décès ont été signalés
aux systèmes de surveillance de l’OMS
dans la Région africaine.
«
Il est possible que cette souche ne reste pas circonscrite
au Burkina Faso et qu’elle se propage à
d’autres pays de la ceinture de la méningite,
tout comme la souche A il y a 15 ans », explique
le Dr Daniel Tarantola, Directeur du Département
vaccins et produits biologiques à l’OMS.
« Mais nous avons grand espoir que ce nouveau
vaccin sauvera de nombreuses vies et travaillons actuellement
sur d’autres vaccins qui pourraient dans les
années à venir permettre d’interrompre
le cycle infection-maladie-décès dû
à la méningite dans cette zone ».
Pour
faire face à la flambée impromptue de
méningite W135 en 2002, l’OMS
a fait appel en urgence à l’industrie
pharmaceutique, lui demandant son concours pour mettre
à disposition un vaccin trivalent à
un prix abordable. GSK a répondu favorablement
à cet appel et a mis au point le vaccin en
quelques mois. La Fondation
Gates a fourni la plus grande partie des fonds
nécessaires à l’achat du vaccin.
Jusqu’ici,
seul un vaccin quadrivalent assurant la protection
contre la souche W135 était disponible mais
à un coût compris entre US $5 et US $50
la dose, ce qui signifie qu’il n’était
pas à la portée des pays qui en avaient
le plus besoin. Le nouveau vaccin est proposé
au prix de US$1,50 la dose à la livraison aux
pays de la ceinture de la méningite participant
à une étude d’impact qui doit
commencer ce mois-ci. L’Autorité nationale
belge de réglementation
a déjà autorisé l’utilisation
du vaccin au niveau international.
Le
vaccin est distribué par l’entremise
du Groupe international de Coordination pour l’approvisionnement
en vaccin antiméningococcique (GCI), créé
par l’OMS
en 1997. Les pays souhaitant se procurer ce vaccin
doivent adresser une demande officielle au GCI, dont
font également partie la Fédération
internationale des Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge, Médecins Sans Frontières
et l’UNICEF. Les demandes sont examinées
et les vaccins distribués uniquement aux pays
qui satisfont aux critères épidémiologiques
et opérationnels fixés par le GCI.
Source : communiqué
de presse de l'OMS