5
février 2004
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Grippe aviaire : un virus connu mais qui inquiète.
Delphine
Catalifaud - PopulationData.net
Influenza
A ou virus H5N1. Voilà les noms scientifiques
du virus responsable de la grippe aviaire, qui crée,
depuis quelques semaines, l’inquiétude
de l’OMS
et de nombreuses autres organisations sanitaires (Organisation
internationale des épizooties, FAO
- Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation
et l’Agriculture…), réunies mardi
3 février à Rome pour une consultation
dite d’urgence.
L’occasion pour nous de revenir sur la nature
de ce virus mortel…
Hongkong,
1997. Six personnes trouvent la mort, infectées
par un virus transmis par des volailles. C’est
là qu’apparaît pour la première
fois le terme de grippe aviaire. Le virus n’est
donc pas nouveau. Il s’attaque aux poulets,
dindons, pintades et canards en priorité, mais
peut également contaminer des oiseaux sauvages
voire des porcs et autres mammifères.
Son mode de transmission ? Le contact humain rapproché
avec des oiseaux vivants infectés, leurs déjections
(salive, excréments, sécrétions
nasales) ou même les poussières de déjections
séchées.
Corée
du Sud, décembre 2003. Même scénario,
observé quelques mois auparavant aux Pays-Bas,
en Belgique et en Allemagne
(300 contaminations traduites par des conjonctivites
bénignes). Immédiatement, l’OMS
a pris le soin d’insister sur un point, afin
d’éviter toute psychose équivalente
à celle de l’encéphalie spongiforme
bovine (ESB), plus couramment appelée «
maladie de la vache folle » : le poulet mort,
qu’il soit cru ou cuit, ne présenterait
aucun risque pour le consommateur.
Ce qui n’a pas empêché l’Europe
d’interdire toute importation de poulet asiatique,
jusqu’au 15 août prochain (lire Que
dit la communauté internationale ?)…
En
revanche, l’autre psychose sous-jacente est
la suivante : les autorités mondiales craignaient
une mutation du virus. Lui qui se propageait de l’animal
à l’humain uniquement pourrait bien se
transmettre d’humain à humain. C’était,
jusqu’à ces derniers jours, le plus grand
risque.
En effet, si le virus aviaire rencontrait le virus
humain de la grippe, il pourrait, par le biais de
transformations génétiques, donner naissance
à un nouveau virus extrêmement pathogène,
qui pourrait s’avérer aussi contagieux
que le choléra ou la « grippe espagnole
».
Cependant,
à l’occasion de la réunion tenue
mardi à Rome et alors que l’OMS
évoquait « plusieurs millions de victimes
potentielles » si le virus venait à muter,
certains experts ont relativisé la situation,
en expliquant qu’il faudrait des mois voire
davantage pour que le virus obtienne des gènes
du virus humain de la grippe.
Une nouvelle rassurante mais qui pourrait basculer
du jour au lendemain, en fonction du diagnostic établi
au sujet des deux petites sœurs vietnamiennes
soupçonnées d’avoir contracté
la maladie au contact de leur frère (lire Dernières
nouvelles).
Pour
l’heure, les abattages massifs de volailles
et les mises en quarantaine de patients suspectés
d’avoir contracté la maladie se poursuivent.
Il s’agit des deux seules solutions pour éradiquer
ou au moins éviter la propagation du virus.
Rappelons en effet qu’à l’heure
actuelle, les défenses naturelles humaines
ne sont pas prêtes à surmonter la grippe
aviaire.
Les spécialistes mondiaux travaillent à
l’élaboration d’un vaccin, comme
c’est par exemple le cas en Grande-Bretagne,
mais celui-ci ne devrait pas voir le jour avant plusieurs
mois…
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