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lèpre poursuit ses ravages. |
28
janvier 2003
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La lèpre poursuit ses ravages.
AFP
- Paris
La
50e journée mondiale des lépreux aura lieu dimanche
alors que les espoirs de médicaments plus performants
ou de vaccins suscités par le décryptage il y a trois
ans du génome du bacille de la lèpre n'ont pas abouti
et que la maladie ne recule pas.
Malgré
le décryptage du Mycobacterium leprae par le Pr Stewart
Cole, de l'Institut Pasteur de Paris (France),
et le Pr Bart Barell, du Sanger Centre (Royaume-Uni),
les médecins dépistent toujours une moyenne de 750
000 nouveaux cas par an, soit un à chaque 90 secondes.
Discrètement, car elle affecte les habitants les plus
pauvres et les moins entendus des pays les plus démunis,
la lèpre est entrée dans le XXIe siècle alors que
son éradication, promise pour l'an 2000, est maintenant
repoussée à 2005. Certes, en quinze ans, la maladie
a été éliminée dans 98 pays, mais elle reste endémique
dans une quinzaine d'autres.
Depuis 1981, il existe un traitement efficace et peu
coûteux - deux euros par mois suffisent pour arrêter
la contagion - mais dans de nombreux pays - Brésil
(10 % des cas), Inde (66 %),
Madagascar, Mozambique,
Birmanie, Népal - la lèpre n'est même pas complètement
«maîtrisée», selon l'Organisation Mondiale de la Santé
(OMS).
Tous ces chiffres n'ont d'ailleurs qu'une valeur très
relative: en raison de son incubation très longue
- 10 ans, parfois plus - il est bien difficile, pour
crier victoire, de juger sur autre chose que les cas
dépistés.
Provoquée par un bacille bien plus transmise par les
voies respiratoires que par simple contact, la maladie
attaque les nerfs périphériques. Peu contagieuse,
en dépit des fausses croyances, elle se manifeste
par l'apparition sur la peau de taches claires et
insensibles, premier signe de l'atteinte.
Le bacille trompe les globules blancs en principe
chargés de le détruire et provoque une inflammation
des nerfs, qui gonflent, se trouvent comprimés dans
leur gaine et entraînent les «effets de griffe» des
extrémités des membres.
Nettement plus résistant par exemple que le virus
du sida, le bacille de la lèpre peut survivre plusieurs
jours dans les postillons et même dans la poussière.
La tri-thérapie existante a permis de guérir la moitié
des lépreux. Toutefois, pour être efficace, ce traitement
doit être pris quotidiennement, pendant six mois à
douze mois, selon la forme de la maladie.
Les principaux facteurs d'inefficacité de ce traitement
demeurent la honte, le rejet et l'ostracisme subi
par les malades qui s'exilent souvent dans les coins
les plus reculés des pays. Quand il n'y sont pas contraints,
raflés ou déportés vers des régions reculées où, espèrent
les autorités locales, ils seront moins visibles.
Source : article paru dans Cyberpresse