| Alerte
mondiale de pneumonie atypique |
18
mars 2003
-
OMS
- Genève
Alerte
mondiale de pneumonie atypique.
Cette
pathologie respiratoire grave pourrait se propager
dans le personnel hospitalier.
Depuis la mi-février, l’OMS
s’est efforcée d’obtenir la
confirmation des rapports qui lui sont parvenus
sur des flambées épidémiques
d’une forme grave de pneumonie au Vietnam,
à Hong-Kong (région administrative
spéciale de Chine)
et dans la province chinoise de Guangdong.
Au
Vietnam, la flambée
a commencé par un cas isolé hospitalisé
pour un syndrome respiratoire aigu d’origine
inconnue. Ce sujet s’est senti mal au cours
de son voyage et est tombé malade peu après
son arrivée à Hanoi, en provenance
de Shanghai et de Hong-Kong. Après son
admission à l’hôpital, environ
20 membres du personnel sont également
tombés malades avec des symptômes
similaires. Ce cas s’est présenté
à Hanoi avec un syndrome grippal initial
(apparition brutale d’une forte fièvre,
suivie de myalgies, de céphalées
et d’une irritation de la gorge). Ce sont
d’ailleurs là les symptômes
les plus courants.
Les premières analyses en laboratoire peuvent
établir une thrombopénie (diminution
du nombre des plaquettes) et une leucopénie
(diminution du nombre des leucocytes). Parfois,
mais pas toujours, la maladie évolue vers
une pneumonie bilatérale pouvant aboutir
à une insuffisance respiratoire aiguë
nécessitant de placer le sujet sous respirateur.
Certains patients guérissent mais d’autres
demeurent dans un état critique. Aujourd’hui,
le Département de la Santé de Hong-Kong,
signale une flambée épidémique
d’une maladie respiratoire dans l’un
de ses hôpitaux publics. Au 11 mars à
minuit, 50 agents de santé ont été
examinés et 23 d’entre eux présentaient
un syndrome fébrile. Par mesure de précaution,
ils ont été mis en observation à
l’hôpital. Dans ce groupe, 8 ont développé
des signes précoces de pneumonie à
la radio thoracique. Leur état est stable.
Trois autres agents de santé se sont présentés
spontanément pour un syndrome fébrile
et la radio thoracique a permis de découvrir
des signes de pneumonie pour deux d’entre
eux.
Les
investigations des autorités sanitaires
de Hong-Kong sont en cours. La direction de l’hôpital
a renforcé les mesures de prophylaxie pour
éviter toute propagation dans l’établissement.
Jusqu’à présent, on n’a
pas pu établir de lien entre ces cas et
la flambée à Hanoi.
Mi-février,
les autorités chinoises ont notifié
305 cas d’une pneumonie atypique, dont 5
mortels, dans la province de Guangdong. Chez deux
des sujets décédés, on a
découvert la présence d’une
infection à Chlamydia. Les investigations
se poursuivent pour établir la cause de
cette flambée. Il apparaît que les
flambées de Hanoi et de Hong-Kong se limitent
au milieu hospitalier. C’est le personnel
soignant les patients qui semble le plus exposé.
Jusqu’à
présent, on n’a pas pu établir
de liens entre ces flambées à Hanoi
et à Hong-Kong et celle de “grippe
aviaire”, A(H5N1), notifiée par Hong-Kong
le 19 février. Les investigations se poursuivent
et des échantillons prélevés
au Vietnam et à
Hong-Kong sont en cours d’analyse dans les
centres collaborateurs de l’OMS
au Japon et aux Etats-Unis
d'Amérique.
En
attendant d’en savoir plus sur la cause
de ces événements, l’OMS
préconise les techniques de soins en isolement
pour les patients qui présentent une pneumonie
atypique et sont susceptibles d’être
en relation avec ces flambées. Parallèlement,
elle recommande de notifier aux autorités
sanitaires nationales tout cas suspect.
L’OMS
reste en contact étroit avec les autorités
nationales concernées et leur a proposé
une assistance épidémiologique et
clinique, ainsi qu’un appui des laboratoires.
En collaboration avec ces autorités, elle
veille à l’exécution des investigations
nécessaires, à la notification des
cas et à l’endiguement de ces flambées.
Source : communiqué
de presse de l'OMS