PopulationData.net : 06 february 2010 - Décryptages de guerres : Sri Lanka 1983-2009 - 1
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06 february 2010 - Décryptages de guerres : Sri Lanka 1983-2009 - 1
La guerre au Sri Lanka se déroule de
1983 Ã 2009. Il convient de montrer sur un parcours chronologique de
quelle manière s'est construit l'Etat sri-lankais, quels sont les
acteurs du conflit et comment il a évolué. |
Le Sri Lanka accède à l'indépendance
en 1948. Le caractère pacifique et démocratique de la construction
de l'Etat de droit sri-lankais est souvent souligné ; la
participation électorale est élevée.
Le pays est composé d'une majorité
cinghalaise (74%) et de minorités tamoules (18%) et musulmanes (7%).
Le conflit oppose essentiellement la majorité cinghalaise et les
minorités tamoules. Si les différences culturelles ou ethniques
(langues, religions) sont à considérer entre ces deux groupes, ce
sont avant tout des motifs politiques qui entraînent la guerre ;
après le retrait des troupes britanniques, les tamouls se sentent
lésés du rôle qu'elles avaient exercé dans l'administration
coloniale. C'est en 1976 que les LTTE (Tigres de libération de
l'Eelam tamoul) se placent en porte-parole des tamouls, et
revendiquent un État (eelam) autonome pour leur communauté.
L'organisation est considérée comme terroriste par les grandes
puissances mondiales (Etats-Unis, Union Européenne, Inde..).
La guerre commence le 23 juillet 1983.
Les rebelles tamouls attaquent une base militaire à Jaffna, ce qui
se solde par la mort de 13 soldats de l'armée nationale. Par la
suite, les tamouls sont victimes d'un progrom exercé par la majorité
cinghalaise. On recense alors plus de 1000 morts dans la répression
; le rôle du gouvernement est encore aujourd'hui porté à débat
dans les organisations internationales. Après des tentatives vaines
de négociations en 1985, le conflit s'intensifie à partir de 1987.
Les LTTE provoquent leur premier attentat-suicide en juillet.
L'Inde entre cette année-là dans le
conflit, avec le déploiement d'une force d'intervention : l'Indian
Peace Keeping Force (IPKF). Malgré sa volonté d'instaurer la paix
et d'aider la population tamoule assiégée, l'IPKF se retrouve face
à une résistance des LTTE, et subi plus de 1200 morts dans ses
troupes jusqu'Ã son retrait en mars 1990.
La décennie 1990 du conflit est
marquée d'une violence importante où les belligérants s'affrontent
alors ouvertement ; on l'appelle l'« Eelam War III ». La
population civile se retrouve entre deux feux, et devient la victime
principale.
Dès 2000, la Norvège tente en vain de
se placer dans le rôle de médiateur entre le gouvernement et les
LTTE.
Après de multiples échecs de
négociations, le conflit reprend de l'intensité en 2006. Mais c'est
en 2009 que les forces gouvernementales, persuadées de vaincre les
rebelles par les armes, multiplient les victoires et avancent sur
les terres administrées par les LTTE ; en janvier, l'armée réussit
à prendre leur siège administratif, la ville de Kilinochchi. Les
rebelles tamouls se retrouvent alors au bord d'une zone cotière de
3,5km². L'armée annonce la mort de leurs principaux dirigeants le
17 mai 2009, et clôt ainsi ce conflit.
Le bilan humain de la guerre est
considérable : plus de 100 000 morts, 800 000 déplacés et 500 000
réfugiés (1).
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Il est important ici de bien
distinguer une personne réfugiée d'une personne déplacée. Selon
la définition d'Amnesty International, le réfugié se retrouve en
dehors de son pays, alors que le déplacé a été contraint de fuir
la région où il vivait pour une autre, pour des raisons de survie
(guerre, persécution, famine..). Cette différence est importante Ã
préciser dans le cadre du conflit sri-lankais, où les camps de
déplacés sont aujourd'hui une des conséquences primordiales Ã
prendre en compte.
Liza Kroh
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